lundi 23 avril 2018

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson


Arrête avec tes mensonges

 

Philipe Besson

 

Arrête avec tes mensonges / Besson

Dans ce récit, l’auteur revient sur son adolescence et notamment sur son histoire d’amour avec Thomas, son camarade de classe. Il y évoque sans tabou son homosexualité, ses premières expériences sexuelles ainsi que la douleur d’un amour déçu.

Philippe Besson relate aussi combien il est difficile d’être gay dans une petite ville. L'auteur met l'accent sur le grand courage qu'il faut pour révéler son attirance pour une personne du même sexe et l’impossibilité pour certains d’y arriver.

En évoquant sa relation avec Thomas, qui n’a jamais pu « sortir du placard », franchir le cap, Besson nous livre une magnifique expérience de vie et un poignant témoignage. De plus, il nous décrit son rapport à l’écriture et combien il est ardu de coucher sur le papier ses blessures passées.

Ce roman est une découverte, une révélation ! J’ai été totalement happée par la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas du tout. Sa façon de raconter un épisode très intime de sa vie et d’évoquer son rapport à l’écriture m’a fait penser au style de Delphine de Vigan, notamment dans son œuvre Rien ne s’oppose à la nuit, bien que les histoires relatées soient très différentes.

Philippe Besson parvient à mêler à la fois de belles phrases poétiques et un vocabulaire cru qui rendent l’histoire très poignante.

L’auteur décrit magnifiquement l’ardeur des premiers amours mais aussi combien un rupture peut-être dévastatrice.
 
Thomas est un personnage très intéressant à découvrir. Il est misanthrope, solitaire et réservé, mais en même il fait le premier pas vers notre héros. De plus, il insiste sur le fait que la relation qu’entretiennent les deux jeunes gens doit rester secrète et ne mener à rien, mais il s’abandonne totalement lorsqu’il fait l’amour. Ce paradoxe est d’autant plus touchant que l'adolescent finira par s’enfermer dans une existence qui ne lui convient pas.

L’écrivain parvient aussi à nous faire sentir les différences de classes sociales entre lui et Thomas. En effet, le jeune homme est le fils d’un agriculteur et destiné à reprendre la ferme, à rester alors que l’auteur est destiné à de grandes études. Cette fracture sociale indique déjà que tout est fait pour les séparer.

Besson évoque aussi brièvement son rapport à l’écriture, notamment en expliquant que depuis tout petit il aime inventer des histoires. Sa mère lui disait souvent d’arrêter de « raconter des mensonges », craignant sûrement que cette mauvaise manie deviennent néfaste pour sa vie future. L’auteur explique qu’il a commencé à écrire des lettres où il se livrait avant de se tourner vers la fiction.

Enfin, la fin de cette histoire, qui est bouleversante, achève de nous rappeler que nous ne sommes pas dans une fiction mais dans la vie réelle, ce qui est encore plus triste. Le livre de Philippe Besson sonne comme un appel à la tolérance et un encouragement pour toutes les personnes ne parvenant pas à assumer qui elles sont véritablement.

Arrête avec tes mensonges est un récit marquant, émouvant avec une plume unique qui nous empêche de refermer le roman.

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson publié aux éditions 10/18.

lundi 16 avril 2018

Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot


Un long dimanche de fiançailles

 

Sébastien Japrisot


Un long dimanche de fiançailles / Japrisot

Alors que la Première Guerre mondiale déchire la France, cinq soldats français sont traînés à travers les tranchées pour être exécutés. Leur crime ? Avoir tenté de déserter en se tirant une balle dans la main. Mais au lieu de les tuer, les personnes chargées de l’exécution les laissent libres au cœur des tirs ennemis. A l’arrière, Mathilde attend des nouvelles de son fiancé, qui fait partie des cinq condamnés. Lorsqu’elle apprend qu’il reste peut-être une chance pour que son amant soit encore en vie, elle décide de mener l’enquête, quitte à subir une cruelle désillusion.

Un long dimanche de fiançailles est l’un de ces classiques dont nous avons souvent entendu parler, mais que nous n’avons pas forcément lu. Pour ma part, je ne regrette absolument pas cette expérience, ce roman est un véritable coup de cœur !

L’incipit nous plonge immédiatement dans l’ambiance : nous suivons les cinq condamnés marchant à travers les fils barbelés des tranchées pour rejoindre le lieu de leur exécution. Chacun d’eux se remémore son passé tandis qu’il marche vers son destin. Ce procédé narratif nous permet de pénétrer directement le cœur des personnages et nous nous attachons fortement à eux. Si vous hésitez à vous lancer dans Un long dimanche de fiançailles, lisez simplement les premières pages, vous serez conquis !

L’héroïne, Mathilde, est le deuxième élément qui m’a fait adorer ce roman. A l’âge de 3 ans, la jeune fille perd l’usage de ses jambes suite à une mauvaise chute. Pourtant, son infirmité ne l’empêche pas d’être extrêmement autonome et déterminée, elle n’hésite pas à contacter toutes ses connaissances et à parcourir la France pour connaître la vérité. Sa volonté m’a impressionnée, sa capacité de déduction également. A mesure qu’elle rassemble les éléments de l’intrigue, nous reconstituons les faits avec elle. Nous éprouvons aussi ses craintes, ses doutes, sa tristesse, qu’elle tente de contenir mais qui affleure et surtout, la terrible attente.

Mais cette attente n’est pas seulement celle de Mathilde, c’est également celle de toutes les femmes de l’arrière, qui essayent de savoir ce que sont devenus leurs époux, ou qui pleurent leur disparition. Avec les portraits de protagonistes secondaires que nous ne suivons que sur quelques pages, Japrisot parvient à nous dresser le tableau du quotidien de ces épouses qui n’ont pas d’autre choix que d’espérer ou de vivre avec leur douleur. Ces portraits sont très touchants et réalistes.

La trame historique, très complète, fait toute la saveur du roman. Nous en apprenons beaucoup sur les conditions de vie des Poilus, le fonctionnement de l’Etat major, l’après-guerre… L’histoire mêle à la fois le romanesque et le réalisme, ce qui instaure un climat particulier, qui nous prend littéralement au piège et nous empêche de refermer Un long dimanche de fiançailles !

Le style d’écriture de l’auteur, assez poétique, très porté sur les descriptions, les sensations et parfois très cru en fonction des personnages, est magnifique et nous porte tout au long du récit.

Je recommande donc chaudement cette histoire à tous les amateurs de romans historiques.

Un long dimanche de fiançailles publié aux éditions Folio.

lundi 9 avril 2018

Banana Girl de Kei Lam


Banana Girl

 

Kei Lam

 
Banana Girl / Kei Lam

Kei est arrivée en France avec ses parents alors qu’elle était très jeune. Dans une jolie BD elle nous raconte son parcours, les différences culturelles auxquelles elle a dû faire face, la difficile acclimatation mais également la richesse du mélange des traditions et les belles amitiés qui nous attendent lorsque nous voyageons.

Kei Lam p.21


Cette bande dessinée est vraiment très mignonne, dans le bon sens du terme. Les dessins sont à la fois simples et expressifs, mêlant le noir et blanc et les touches de couleurs sur certaines planches. La particularité de cette BD est qu'il n'y a en réalité que peu de bulles et beaucoup de texte explicatif. Cela n'est absolument pas dérangeant et reste très lisible. J’ai également aimé découvrir la vie de l’auteur.


Kei Lam p.20


Banana Girl est donc une excellente bande-dessinée que je recommande vivement !


Kei Lam


Banana Girl de Kei Lam publié aux éditions Steinkis.

lundi 2 avril 2018

Dracula de Bram Stocker


Dracula

 

Bram Stocker

 
Dracula / Bram Stocker

Jonathan Harker se rend en Transylvanie afin de rendre visite au mystérieux comte Dracula, qui désire acheter des biens en Angleterre. Au fil de son séjour, le jeune homme va réaliser que son hôte est bien étrange : il n’apparaît qu’au coucher du soleil, n’a pas de domestiques et ne semble pas se nourrir. De plus, les villageois paraîssent le craindre. Jonathan va finir par découvrir que Dracula n’est peut-être pas l'humain qu'il prétend… En s’échappant du domaine du comte, Jonathan va croiser la route d'hommes qui ont comme lui compris la véritable nature de l'aristocrate et qui sont déterminés à le détruire. Mais est-il possible de vaincre Dracula ?

J’avais déjà lu une version abrégée de Dracula. J’en avais gardé un vague mais bon souvenir. La version intégrale ne m’a pas déçue, bien au contraire, j’ai vraiment adoré me plonger au cœur de cette intrigue étrange et mystérieuse.

La première partie de l’œuvre, celle où Jonathan est chez le comte, est ma préférée, tout d’abord parce que nous observons directement Dracula en action et que nous notons avec le jeune homme la singularité du comte. L’auteur parvient à semer de nombreux indices tout au long du séjour de Harker en Transylvanie et, même si nous connaissons déjà la véritable nature du monstre, il est assez plaisant d’observer le héros rassembler tous les éléments. Bram Stocker parvient à nous communiquer l’anxiété de son protagoniste et la fuite de Jonathan hors du château de Dracula est absolument impressionnante. Il fait  preuve d’un courage hors du commun !

La suite du roman m’a également beaucoup plu, même si j’ai trouvé qu’il y avait parfois quelques longueurs. Nous nous focalisons notamment sur Mina, la femme de Jonathan qui attend des nouvelles de son époux et Lucie, une amie de Mme Harker. Cette-dernière est victime de crises de somnambulisme. Après une nuit particulièrement mouvementée où elle se retrouve dehors en pleine nuit, elle est frappée d’une étrange maladie qui la fait paraître exsangue, comme si elle perdait mystérieusement des litres de sang ! Nous devinons bien évidemment que Dracula est derrière tout cela et il est intéressant de le voir rôder autour des personnages. J’ai trouvé cependant l’agonie de Lucie un peu trop longue, Bram Stocker aurait pu à mon sens abréger certains passages. Cela fait perdre du rythme au récit.

Un autre point de vue du livre m’a cependant beaucoup plu : celui du docteur Stewart, un médecin dirigeant un asile d’aliénés. Il suit notamment un de ses patients Renfield, qui a pour manie de dévorer les petits animaux comme les mouches et évoque un « maître » qu’il vénère notamment lorsque le soleil se couche. Là encore, nous sentons l’ombre du vampire planer sur la scène. Les dialogues entre le médecin et Renfield sont à la fois passionnants et inquiétants.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, spécialement à Mina, qui fait preuve d’une intelligence, d’un courage et d’un esprit de déduction incroyables et à Jonathan, pour qui je garde une affection particulière depuis qu’il est parvenu à échapper aux griffes du comte. Mais je n’ai pas aimé comment les protagonistes tentent d’écarter Mina de l’aventure sous prétexte qu’elle est une femme et qu’il faut la ménager. Je sais que le roman a été écrit au XIXe siècle et que les mœurs étaient différents, mais pour la lectrice du XXIe siècle que je suis cela m’a immédiatement fait bondir. Malgré tout, l’auteur se rattrape en faisant finalement participer Mina à l’action.

Ce que j’ai également eu plaisir à redécouvrir est la représentation du vampire dans l’œuvre de Bram Stocker. Dracula est véritablement la source de toutes les histoires de vampires que nous connaissons, il est donc très enrichissant de lire quel est le portrait de la créature que crée l’auteur.

Ce tableau est finalement assez différent de celui que nous connaissons : certes, il possède des crocs, ne supporte pas le soleil et dort dans un cercueil, mais il ne fascine pas les humains dans le bon sens du terme. Aucun personnage du livre ne trouve Dracula hypnotique, séduisant, au contraire, les protagonistes sont horrifiés par le monstre. Même Jonathan, qui est pendant quelques instants envoûté par les femmes vampires qui gravitent autour du comte, réalise très rapidement combien elles sont maléfiques et est dégoûté.

Les sentiments de Dracula sont également très peu montrés dans le livre. Nous savons certes qu’il est ambitieux, calculateur, avide de pouvoir et de savoir, mais nous ne savons pratiquement rien de ses aspirations amoureuses, qui sont pourtant la base de nombreuses réécritures. Certes, il dit lui-même qu’il est capable d’aimer, mais cela n’est cependant pas montré explicitement dans le roman. Même lorsqu’il s’en prend à Lucie, il semble plus motivé par le sang de la jeune femme que par un amour pour elle. Il est donc très intéressant de voir qu’à partir d’infimes détails les auteurs qui ont succédé à Bram Stocker ont fait de Dracula un héros romantique.

La présence du vampire dans le roman est finalement très minime, il rôde plus qu’il n’apparaît vraiment. Cela m’a presque déçue, j’aurais voulu le revoir avant la fin de l’œuvre.

[Spoiler alert : je vais révéler la fin du roman dans 3…2…1…]

La fin de l’œuvre est d’ailleurs assez étonnante. Finalement, ce n’est pas la force qui finit par triompher du comte Dracula mais la stratégie. En effet, les héros s’arrangent pour le piéger alors qu’il est le plus faible. Je ne sais pas encore quoi penser de cette fin, je suis à la fois agréablement surprise et en même temps un peu déçue car je l’ai trouvée assez rapide. Malgré cela il y a une grande part de positif dans ma lecture.

Je vous recommande donc vivement Dracula de Bram Stocker si vous voulez plonger au cœur du mythe du vampire !

Dracula de Bram Stocker publié aux éditions J'ai lu.

lundi 26 mars 2018

J’ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji


J’ai avalé un arc-en-ciel.

 

Erwan Ji 

J’ai avalé un arc-en-ciel / Erwan Ji

 

Capucine, une franco-américaine, se prépare à faire sa rentrée pour sa dernière année de lycée. Elle n’a qu’une hâte, pouvoir bénéficier de tous les privilèges des seniors, notamment participer à la grande compétition de pistolets à eau de fin d’année ou de bénéficier parfois de plus d’indulgence de la part des surveillants qui les connaissent bien. Mais ses projets vont être bouleversés par l’arrivée d’une nouvelle élève, Aiden. Capucine va alors éprouver des sentiments qu’elle n’aurait jamais cru ressentir un jour…

Ce roman a reçu beaucoup de critiques positives. Dans la bibliothèque où j’ai été l’emprunter, il était même classé « coup de cœur des ados ». J’étais cependant tombée sur les vidéos de deux booktubeuses, Mx Cordélia et Audrey-Le souffle des mots, qui n’avaient pas apprécié leur lecture. Alors, en voyant ces avis si divergents, j’ai décidé de me faire ma propre opinion sur ce roman.

L’histoire est moins pire que ce que je craignais. Mais je reste mitigée sur plusieurs points.

Tout d’abord la représentation du lycée américain. Cette vision semble très idéalisée. Le lycée est pour des adolescents bourgeois ce qui permet aux élèves d’avoir un Macbook offert en début d’année, sans oublier le nombre incroyable de fêtes organisées (presque chaque semaine). Pour couronner le tout, les professeurs sont attentifs et plutôt bienveillants.

J’ai peine à croire que tout soit si rose ! Cette vision ressemble à celle que l’on peut avoir d’un point de vue extérieur, en regardant des séries par exemple. De plus, l’héroïne affirme également au début du livre qu’il n’y a pas de harcèlement dans son établissement. Mais, comme l’a signalé Mx Cordélia dans sa vidéo, elle se fait bel et bien harcelée par deux filles qui menacent de révéler son amour pour Aiden.

Ensuite, j’ai eu dû mal à apprécier le personnage de Capucine. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’auteur nous mentait presque à son sujet, en la présentant comme une jeune fille « moins riche que ses camarades » alors qu’elle habite dans une maison, dispose de nombreuses paires de chaussures, a le permis et part en vacances en France par exemple.

Ensuite, elle se définit comme une élève pas véritablement « populaire », mais tous les garçons de son lycée semblent être obnubilée par elle et la jeune fille a été élue avec son ex-petit ami « plus beau couple de l’année ». Si ce n’est pas être populaire, je ne sais pas comment définir cela.

Ce souci m’amène a en évoquer un second : l’idée des clans dans le lycée de Capucine. Elle ne cesse d’évoquer les Artistes, les Nerds, les Populaires. Cette division des élèves m’a semblée extrêmement peu crédible. Certes, l’histoire se déroule en Amérique et non pas en France, mais j’ai du mal à imaginer comment les élèves peuvent se regrouper à ce point par affinités. Normalement, les classes sont fixes. De plus, il est normal dans un groupe d’amis que chacun ait ses propres goûts, pourquoi vouloir imposer une étiquette réductrice à ces personnages ? J’ai trouvé que cela faisait perdre de l’épaisseur à l’intrigue et véhiculait des stéréotypes détestables.

Il y a eu également des moments qui m’ont mis assez mal à l’aise, notamment certaines blagues ou remarques que fait l’héroïne. Cordélia a déjà évoqué la culture du viol dans sa vidéo, mais j’aimerai également mentionner ce qui me semble être du racisme ordinaire. A deux reprises Capucine évoque deux élèves d’origine chinoise qui portent par hasard le même nom de famille. Tout d’abord, elle ne cesse de faire des plaisanteries à ce sujet en évoquant un possible mariage et affirme  qu’on ne voit pas bien leurs yeux car ils sont bridés. Ces phrases, qui sont très anodines, m’ont fait réagir, car je n’ai pas trouvé cela approprié. Je ne sais pas pourquoi l’auteur a fait faire ce genre de remarques à son personnage.

Etrangement, la compétition de pistolets à eau de fin d’année m’a fait sortir de ma zone de confort Le jeu s’appelle les Assassins. La règle du jeu est simple, chaque senior reçoit le nom d’une personne à « tuer ». S’il touche sa cible, il hérite de celle de son adversaire. Le but est qu’il ne reste qu’une personne. Sur le principe, cela peut paraître amusant, mais j’ai immédiatement pensé aux nombreuses tueries qui ont eu lieu dans les écoles américaines à cause des armes à feu. Faire jouer les protagonistes à ce jeu, (qui ne semble pas exister dans la réalité) m’a semblé presque indécent.

Enfin, j’aimerais évoquer le traitement de l’homosexualité dans le roman. J’ai trouvé le couple d’Aiden et Capucine assez mignon, c’est d’ailleurs l’un des seuls aspects que j’ai apprécié dans ma lecture. Je trouve également que le dilemme de l’héroïne, la négation de son attirance pour la jeune femme, est bien retranscrit. Cependant, J’ai avalé un arc-en-ciel ne nous permet pas de nous renseigner véritablement sur la communauté LGBT+.

En effet, comme l’a signalé Cordélia dans sa vidéo, Capucine est bisexuelle. Or le terme n’est pas écrit une seule fois dans le roman. Cela peut s’expliquer par le fait que la jeune fille nie son attirance pour les filles, mais j’aurais préféré que l’auteur soit plus clair sur la question, notamment pour les lecteurs assez jeunes. Je pense que ce livre peut se lire à partir de 13 ans.

Or à cet âge, je n’étais pas encore au clair sur les différentes orientations sexuelles. Je connaissais évidemment l’hétérosexualité et l’homosexualité, mais j’étais assez perdue entre les transsexuels, les bisexuels etc. Ces termes étaient assez flous pour moi, et cette histoire ne nous permet pas d’en apprendre davantage, alors que Capucine aurait pu obtenir des renseignements via Aiden, qui semble mieux accepter le fait qu’elle soit lesbienne.

A un moment du récit, l’héroïne évoque l’existence d’un club LGBT dans son lycée. Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas fait aller Capucine en secret à ce rendez-vous pour s’informer ? Bref, toujours est-il que pour un roman adolescent qui traite de l’homosexualité, j’ai trouvé que le sujet restait un peu en surface, il aurait mérité d’être davantage creusé.

Je ne vous recommande donc pas J’ai avalé un arc en ciel car je trouve que les défauts de ce roman sont trop dérangeants pour être ignorés. Néanmoins, si vous souhaitez lire des romans traitant de l’homosexualité, je vous conseille d’aller sur la chaîne de Mx Cordélia qui propose un panel large de livre LGBT+.

J’ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji publié aux éditions Nathan.

La vidéo de Mlle Cordélia sur le roman d'Erwan Ji :



lundi 19 mars 2018

L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux


L’aube sera grandiose

 

Anne-Laure Bondoux


L'aube sera grandiose / Anne-Laure Bondoux

Nine devait aller à la fête de son lycée, mais manque de chance, sa mère, Titania, a décidé de l’emmener dans une petite cabane perdue près d’un lac. Elle affirme qu’elle veut lui raconter l’histoire de sa famille. Nine, d’abord mal disposée à l’écouter, va se prendre de passion pour ce récit, car à travers l’histoire de sa grand-mère, de sa mère et de ses deux oncles, elle va également découvrir qui elle est réellement.

Ce roman est une excellente surprise, un véritable coup de cœur ! J’ai été happée par le récit. J’ai adoré suivre la vie de Titania. La force de cette histoire est qu’elle a à la fois des côtés assez romanesques, (les frères de Titania sont deux jumeaux nommés Orion et Octobre, leur père est membre d’une mafia) mais aussi réaliste. En effet Anne-Laure Bondoux parvient à nous faire sentir la tristesse de la jeune femme, qui ne connaît pas son père et que sa mère mène de villes en villes, d’amants en amants. Nous sentons aussi combien Nine peut être perdue et peu sûre d’elle, les tensions entre une mère et une fille mais aussi une forte complicité.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, notamment Titania et Orion. Le jeune homme a un handicap (ce n’est pas dit explicitement mais j’ai l’impression que c’est une forme d’autisme). Il vit dans son monde, entre les inventions qu’il dessine d’après les catalogues de magasins et sa passion pour le vélo héritée de Vadim, un des amants de sa mère. C’est l’originalité et la fragilité du personnage qui m’a fait me sentir proche de lui.

Je me suis aussi identifiée à Nine, puisque nous avons quasiment le même âge. J’ai pu reconnaître en elle les doutes que j’ai pu aussi éprouver.

L’aube sera grandiose est un livre qui se lit extrêmement vite, rythmé par la nuit qui avance et l’aube qui pointe. Le style de l’auteur est fluide, assez difficile à décrire, mêlant à la fois un langage soutenu et courant qui font que l’on a l’impression d’être avec Titania et de l’entendre raconter son histoire.

D’ailleurs, le petit plus de ce roman est que Titania est écrivain. Cela n’est pas le sujet principal du récit, mais ce métier rend le personnage encore plus original. Nous pouvons également penser qu’Anne-Laure Bondoux a mis un peu d’elle-même dans son héroïne.

La fin m’a presque semblée arriver trop vite, j’aurais presque souhaité rester encore davantage dans cette maison au bord du lac. Mais parfois, il faut savoir laisser les héros d’une histoire derrière soi.

L'aube sera grandiose / Anne-Laure Bondoux publié aux éditions Gallimard Jeunesse.

lundi 12 mars 2018

Inséparables de Sarah Crossan


Inséparables

 

Sarah Crossan



Grace et Tippi sont deux sœurs assez particulières : elles sont siamoises, reliées par le bassin. Cela peut sembler être l’une des pires conditions au monde mais les deux jeunes filles parviennent malgré tout à être heureuses. Cependant, parce que leur famille rencontre des problèmes financiers, Tippi et Grace vont devoir aller au lycée car leur mère ne peut plus leur faire cour à la maison. Elles vont alors devoir affronter le regard des autres.

Ce sera le temps des premiers amis et des premiers amours pour les deux sœurs. Mais, plus le temps passe, plus Grace se sent faible. L’espérance de vie des siamois est très courte, vont-elles pouvoir survivre ?

Ce roman est un coup de cœur ! J’ai adoré suivre la vie de Grace et Tippi. Je me suis attachée à leur humour, à leur courage, leur force de vivre malgré leur particularité.

J’ai aimé les découvrir dans leur vie au lycée, avec leur premiers amis. La particularité d’Inséparables est qu’il est écrit en vers libres. Cela donne un côté fluide au récit et fait l’originalité de l’œuvre, outre les héroïnes qu’il dépeint.

J’ai aussi apprécié les deux amis que se font les deux sœurs, ils sont ouverts d’esprit, ce qui donne un peu d’espoir.

La fin du roman m’a presque donner les larmes aux yeux. Je vous recommande vivement ce livre.

Inséparables de Sarah Crossan, publié aux éditions Rageot.
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